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  • De l'art, du vin et du cochon

    13062009062.jpg"Les vins français sont d'une telle variété et d'une telle splendeur que c'est presque une activité spirituelle que de les goûter."
    Sieburg

    Après Vinexpo, qui a fait entrer, depuis longtemps le "loup dans la bergerie" tant il est pratiquement impossible de retrouver aujourd'hui de vrais vignerons, noyés dans la masse des vins de négoce standardisés (tiens, un petit article, ou celui-ci, toujours d'actualité...) et des non moins aseptisés vins d'Australie, d'Argentine, de Chine et bientôt de la lune... Les vaches n'ont qu'à bien se tenir, on peut faire pareil avec des vins (est-ce le mot ?). C 'est navrant.

    Ajoutez à cela, la morosité ambiante véhiculée par des journalistes de tv/radio qui se complaisent dans le sensationnel, se jetant sur la dernière information comme des vautours (Michael Jackson en est un bel exemple, comme le moindre sujet sur la "grippe A"), noircissant autant qu'ils le peuvent la situation.Ce ne sont plus des journalistes, ce sont des bonimenteurs.

    On est servi quand ils traitent de la "crise" : "dépression", "pire que la crise de 1929" (ils y étaient ?), "régression", "panique"... bref, des mots pour attirer le chaland et qui, à force, entraînent le moral à la baisse. C'est à l'animateur qui va le plus exagérer, faisant ses choux gras du séisme financier, se faisant un malin plaisir d'attiser les craintes.

    Si grande crise financière il y a, en effet, elles concerne -de facto- la finance (un bel escroc, Madoff), les banques (voir mon article sur "ma" Société Générale), les traders (à lire aussi) et partisans de "l'argent facile" (il y en a aussi dans le vin, voir mon article). On n'oubliera pas les politiques (il est bien aussi, celui-là) ou ceux qui nous font régulièrement rire jaune, à droite avec Villepin comme à gauche avec Ségolène, Dray, ou Lang... Pathétique. Pourtant, les entreprises tournent, se développent, on travaille -vous et moi- et on voit le décalage entre le "fric" et l'entreprise, la spéculation et la réalité, etc.

    Dans cette période, donc, lavons-nous l'esprit : prenez votre verre de vin préféré (pensez au vigneron qui l'a fait, si vous le connaissez, c'est plus sympa), mettez votre cd du moment, installez-vous confortablement et regardez la toile que vous pouvez avoir en face de vous (ou imaginez). Pensez aux vrais : Turner (le roi du Paysagisme), Van Gogh (l'Expressionisme à l'extrème), pensez au Fauvisme (Gauguin...), au Surréalisme (Magritte, Masson), à l'Impressionnisme bien sûr (Renoir, Monet), à Picasso (qui d'autre pour le Cubisme ?), Da Vinci (pour la Renaissance), les maîtres du Baroque (Vermeer, Rubens, Rembrandt). Bref, profitez du nez et de la vue, ces sens dont on se sert -aussi- pour savourer ce "Sang de la Terre et du Ciel" qui nous est cher.

    Mais attention à l'art contemporain... Oubliez les rigolos comme Jeff Koons (vous savez, le homard gonflable exposé à Versailles) ou Warhol (qui n'en pouvait plus de répéter ses trucages photos)... comme certains "créateurs" inconnus, dont les prix ne sont vraiment pas donnés et le talent quelque peu succinct (au hasard, ce site, celui-ci, ou celui-là, où il faudrait plutôt parler "décoration d'appartements" que d'œuvres artistiques. bon, il en faut pour tous les goûts. Pensez plutôt aux vrais "grands" : Soulages, à Tal-Coat, Bonnard, Calder, Zao, Chillida, Braque (Miro, Dali, Giacometti ou Chagall sont beaucoup moins à mon goût, ou pas du tout).

    Car l''art, c'est un tout : l'expression du génie humain, l'art de vivre, celui du vin, celui d'être gourmet-gourmand, celui des livres et de la musique, etc. L'art, c'est aimer la force des hommes et de la nature, tout ce qui crée une osmose entre le réel et l'imaginaire, et nous distingue des plantes vertes.

    J'ai une passion pour l'art contemporain. Pour l'art en général, d'ailleurs. J'ai acheté lorsque j'avais 20 ans (à crédit, je n'avais que des dettes) mes premiers tableaux (ceux où l'espace -celui des planètes- est omniprésent) à mon ami Michel Guéranger (on allait tous les trois, avec Lionel Poilâne, à un bon nombre de vernissages), puis auprès d'une amie galeriste nantaise.

    Pas besoin d'argent, ni de frime, le goût, l'instinct et la curiosité primaient. Eclectique, j'ai acquis régulièrement d'autres œuvres, soit directement chez des artistes, soit dans des ventes aux enchères, et, même si l'on hésite toujours à signer un chèque, le pendant vaut la peine. On rejoint ainsi le monde du vin, où l'argent n'a pas d'importance tant on se fait plaisir avec peu de chose. C'est toujours vrai.

    On a tous des périodes. Cinq peintres me tiennent donc particulièrement à cœur en ce moment : Hartung, Zao Wou-Ki (j'ai choisi pour illustrer cet article la photo de cette Eaux-Forte, qui trône face à moi, dans mon bureau), passionné notamment par l'encre de Chine (elle n'est pas superbe, cette litho ?), Poliakoff, Chillida (grandissime sculpteur, avant tout) et Soulages. Si les toiles de Chillida et de Soulages sont totalement innaccessibles, Hartung suivant de près, on peut prendre beaucoup de plaisir avec leurs estampes, dans une fourchette de prix sages (de 1.000 à 4.000 €). Profite-en, les prix baissent, et les galeristes sont enclins à faire des efforts en ce moment.

    resize.php?ref=9782213022079&type=1&w=250&h=250&r=0.4&s=0.6Je parcoure la bio de Zao en ce moment, et vous la conseille. C'est un livre d'une gra,nde intelligence, où la sensibilité rejoint l'humilité, la passion et le talent, ce que l'on retrouve auprès d'un bon nombre de vignerons que je soutiens.

    Quatre points majeurs pour ne pas se tromper :

    1/. En peinture comme en musique (idem pour les vins), on ne peut comprendre une œuvre que si l'on en connait l'histoire : il faut d'abord "apprendre" le peintre et l'apprécier, suivre sa démarche (les livres DLM, voir plus loin, sont parfaits pour cela, comme les catalogues raisonnés). Ses premières œuvres sont souvent les plus intéressantes (et les plus recherchées) : elles donnent le "la" de l'artiste, à une époque où, inconnu, il ne se répétait pas ou ne créait pas pour vendre. Sa "patte" est alors la plus forte, même si, plus tard, certains vous diront que l'aboutissement est total (rien n'est moins sûr). Par exemple, on retrouve toute la force d'Hartung dans ses créations des années 1953-1954, beaucoup plus incisives que celles des années 1975. On ressent vite sa rage contre la bêtise et la guerre qui se dégage de ces traits, d'autant plus si l'on sait le parcours de cet ancien légionnaire, blessé dans sa chair et son cœur...

    2/. Il faut -outre se faire plaisir- investir dans les petits tirages (50 à 100). Après tout, si vous achetez une estampe de Chillida (ne comptez pas moins de 4.000 €) reproduite seulement à 30 exemplaires, vous ferez partie des 30 personnes au monde à en posséder une, ce qui n'est pas rien.

    3/. En règle générale, préfèrez les Eaux-Fortes (acide employé sur une plaque de cuivre, créant des "trous" au travers desquels la peinture s'infiltre), qui ne permettent pas de revenir en arrière (la technique "sans repentir", me précise Mireille Champetier) aux Lithographies et surtout aux Sérigraphies. Pour Soulages, par exemple, il y a chez lui un réel intérêt pour cette méthode d'expression, véritable démarche artistique, et son univers "colle" au relief du papier. Voir son Eau-Forte N°2, la seconde qu'il réalisa, très intéressante sur sa démarche future (le "noir" profond).

    4/. Il faut éviter les "stakhanovistes" de l'estampe comme Dali, Bellmer, Vasarely, Ernst, Tapies ou Vam Velde, sauf s'il l'on sait vraiment reconnaître quelques œuvres exceptionnelles (il y en a chez Tapies et Vam Velde), à des périodes très précises. Les galeristes sérieux vous aideront (et les livres également). Et l'on peut débuter avec de belles lithos très abordables (200 à 500 €) de peintres moins connus qui sont des valeurs sûres comme Tal-Coat (une démarche reconnue), Olivier Debré (plus flamboyant, mais belle maîtrise), Alicia Penalba, Raoul Ubac, Paul Jenkins (le geste est ample) ou Claude Viallat, dans un style plus neutre. Encore plus abordables (autour de 30 €, le prix d'une sortie à 2 au ciné, en comptant les chips), les livres DLM (Derrière le Miroir) des Editions Maeght : on a ainsi accès à un artiste, à sa démarche... mieux vaut en acheter un que se payer la litho du coin tirée en offset en provenance des Etats-Unis ou que l'on trouve en abondance sur ebay. Pour quelques euros, on a ainsi le plaisir des yeux, qui rejoint celui de l'esprit.

    En ce moment, j'ai un coup de cœur pour l'œuvre d'une jeune artiste (sans titre, mais à quoi sert un titre ?), Véronique Riboulot, que j'ai installé dans mon bureau (c'est la grande toile, sur tout le mur, à gauche de la photo), un espace où se rejoignent un rien de mysticisme et une apogée des corps et de la danse, me dit-elle. Elle a raison, et mon "coup de pouce" vous incite à découvrir son travail.

    Côté musique, mettez en fond des les vidéos de Dylan, Lennon, Angunn (superbe), Reed et sinon, vous avez avec celle-là (du grand art), la voix de Billy Preston, le roi Eric Clapton à la guitare (avec les lunettes, cheveux courts), le prince Ringo Starr à la batterie (veste rouge), Sir Paul McCartney..., le top : asseyez-vous sereinement, coupez le téléphone et profitez !

     

    Côté vins, seul le plaisir est de mise. Voici ceux qui en procurent.

    - À éviter, certains vins de Bordeaux et de Languedoc qui se rejoignent aujourd’hui : leur surconcentration, qui leur donne un goût à la limite de l’écœurement, associée à des prix inadmissibles. Voir l'article sur AgoraVox

    - et, je ne m'en lasse pas : risible et mercantile (je vous laisse juge), je me rappelle de cette vidéo où Marie Schyler, chez Kirwan -éliminé de mon Guide depuis quelques années, aujourd'hui chez Pichon Baron (éliminé tout autant), démontrait à son insu (de son plein gré ?) qu'il vaut mieux se taire, parfois, devant une caméra, en avouant "faire" un vin pour avoir de bonnes notes chez Parker, nonobstant toute idée de terroir et de caractère. C'est beau, la poésie.

     

    “J’ai toujours à mon arçon, dit l’heureux interlocuteur de Sancho, d’un côté une bonne cantine de viandes froides, de l’autre cette bouteille que j’aime, que je chéris et que j’embrasse à tout moment.
    - Monsieur, reprit Sancho d’une voix tendre, voulez-vous bien me permettre de l’embrasser une fois ?” L’inconnu remit alors la bouteille dans ses mains. Sancho la porte à sa bouche et, se renversant sur le dos, il se met à regarder les étoiles et demeure au moins un quart d’heure dans cette position qui lui plaisait. En se relevant, il fait un soupir, laisse tomber sa tête sur son sein. “Ah! monsieur, dit-il, ah ! monsieur, c’est lui ! je le reconnais: Il est de Ciudad-Real! - Vous avez raison, c’est de là qu’il est; de plus, il a quelques années. - À qui le dites-vous? Mon Dieu! Il n’y a pas de vin dont je ne devine, à la seule odeur, le pays et la qualité; c’est une vertu, un don de famille.”

    Cervantès (Don Quichotte)

  • Le rhum de sucrerie, blanc ou vieux

    Boulevard_du_Rhum.gifVoilà un produit bien méconnu, historiquement et qualitativement, dont l’origine géographique provient des Caraïbes.

    Quand l’équipage mettait pied à terre, c’était de fabuleuses virées dans les tavernes des îles, dont la plus fameuse et la plus mal famée était celle de l’Ile de la Tortue. Des bordées qui ne se concevaient pas sans une forte consommation de tafia, ou de rhum si vous préférez.

    Les marins avaient adopté cette expression des indigènes (Tafia) pour désigner cette eau-de-vie fameuse tirée du jus de canne, pour le moins enivrante à l’époque. Il est vrai que, plus d’une fois, ceux qui avaient abusé du produit avaient bien du mal à se relever. On les portait pour regagner leurs navires. C’est d’ailleurs pour cela qu’un capitaine avisé ne laissait jamais plus de la moitié de son équipage descendre à terre : il fallait conserver des hommes valides pour ramener les autres, les arracher aux bras de Morphée ou à ceux des filles des tavernes qui leur avaient fait gaspiller des mois de soldes en une nuit.

    Ces vertus prodigieuses (sic) du Tafia, un dominicain, le Révérend Père Labat, les avaient déjà notées sur son carnet de route en 1692 quand il débarquait aux Antilles. La conséquence ne se fit pas attendre : pour satisfaire l’opinion métropolitaine, le roi édicte, le 24 janvier 1713, une ordonnance prescrivant leur commerce et même leur fabrication au profit des eaux-de-vie de vin !


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    Malgré son pouvoir absolu, du moins sur le plan théorique, le roi n’avait guère en pratique les moyens de sa politique. Pensez donc : il serait déjà difficile d’interdire la distillation clandestine des bouilleurs de cru métropolitains, comment l’interdire dans les lointaines Antilles ?

    Toute prohibition engendre un fructueux trafic clandestin, comme devaient le constater les Américains puritains quelques siècles plus tard. C’est ce qui n’a pas non plus manqué de se produire tout au long du XVIIIe siècle, où bricks, goélettes et caravelles continuaient à débarquer le Rhum par tonneaux dans les ports métropolitains.

    La grande Révolution française devait balayer toutes ces ordonnances restreignant la liberté du commerce. A la Restauration, chaque propriété coloniale de quelque importance disposait de sa distillerie. Deux événements vont alors entraîner un accroissement fabuleux de l’importation de rhum : le phylloxéra et la guerre de 1914-1918.

    De 1880 à 1890, les vignobles français vont en effet être ravagés et l’importation de rhum va tripler entre 1870 et 1900. Mais c’est surtout la Grande Guerre qui va favoriser une extension sans précédent des importations. La première utilisation est la consommation des troupes elles-mêmes. On remonte le moral des pioupious comme on remontait celui des marins : à l’aide de grandes lampées de rhum. A tel point que certains historiens pourront dire que le rhum a été l’un des principaux artisans de Verdun. De fait, pour remonter au casse-pipe, sortir des tranchées et se lancer à la baïonnette, mieux valait s’être donné du courage avec un bon coup de rhum. En face, on devait d’ailleurs plutôt marcher au schnaps…

    Mais le rhum ne servait pas qu’à entretenir le moral du combattant : il était aussi le produit de base pour la fabrication de médicaments des services de santé et surtout pour celle d’un explosif à base de mélanges d’alcool et d’éther, la fameuse poudre B. La demande de Rhum était telle qu’entre 1914 et 1918 le cours de l’hectolitre passa de 50 à 850 francs ! La paix devrait donc engendrer une des plus graves crises de surproduction de rhum de son histoire. En 1921, l’hectolitre redescendait à 160 francs.

    Derrière l’appellation rhum, il existe plusieurs produits différents :

    Le rhum de sucrerie
    C’est une eau-de-vie obtenue par la fermentation suivie de la distillation des mélasses de canne à sucre. C’est le produit le plus courant, généralement utilisé pour la cuisine. Évitez de vous en servir un verre.

    Le rhum agricole ou rhum blanc
    On l’appelle aussi le rhum habitant parce que tous les petits exploitants fabriquent le leur. Il est directement tiré du sirop de canne. Quand on le vend nature, il a le goût du jus de canne qu’on nomme Vesou aux Antilles. Il est généralement incolore. Le rhum blanc sert de base aux cocktails, aux punchs, aux planteurs. Trois grandes marques principales le commercialisent : Saint-James, Old Nick et Saint-Gilles. Ces marques ont cependant souvent aussi leur rhum vieux, et c’est heureux.

    Le Rhum vieux
    Il n’a droit à ce titre qu’après un vieillissement minimum de trois ans dans des fûts de chêne de moins de 600 litres. Comme à Cognac, c’est le tannin du chêne qui lui donne sa coloration naturelle (sans caramel). Plus il vieillit, plus le rhum affine son bouquet et son arôme et plus il perd de sa force alcoolique. Aux Antilles, les négociants et producteurs ont généralement leurs réserves personnelles de rhum vieux, parfois de plus de trente ou quarante ans d’âge. Injustement méconnu, le bon rhum vieux peut être comparable à un Cognac VSOP. Il ne représente en Fance qu’une toute petite consommation.

    Le rhum peut évidemment se boire sec, à la corsaire, surtout quand il s’agit du vieux Rhum. Le plus souvent, il sert de base de cocktails, en particulier le rhum blanc. La recette de punch la plus courante consiste à couvrir le fond du verre avec du sirop, à remplir à moitié de rhum (vieux si possible), à ajouter des glaçons et une tranche de citron vert.

  • Ce qu'il faut savoir sur nos vins

    On sait que le milieu du vin possède une éthique. Nous aussi, nous avons une éthique : elle s’exprime au travers de notre respect pour le consommateur, pour nos lecteurs, pour les amateurs, pour les jeunes comme pour les moins jeunes, en sachant bien que l’apprentissage des vins, l’infor­mation, demandent du temps, de l’argent, de la patience, de la passion, de l’intérêt. Cette éthique s’exprime aussi en défendant les vignerons passionnés et passionnants. On comprend qu’il y a aujourd’hui deux mondes du vin, deux options : l’une où l’éthique prime, ­l’autre purement commerciale. D’un côté donc, il y a des marchands ou des opportunistes qui font des vins standardisés ou “putassiers” en prenant les consommateurs pour des idiots. En face, n’importe quel vigneron digne de ce nom, comme un autre artisan, un fromager, un boulanger ou un artiste vous le dira : même si l’on doit en vivre, et donc le vendre le mieux possible, on ne peint pas un tableau pour plaire, on n’écrit pas un roman ou on ne compose pas une œuvre musicale uniquement pour vendre, mais parce que l’on est inspiré et que l’on a des idées et des convictions. Il faut savoir choisir entre le fait d’encenser les vins “dopés” et celui d’aimer les vrais vins, tout simplement, ceux dans lesquels on retrouve aussi bien la force du terroir que la main de l’homme.

     

    Lutter contre la mondialisation du goût
    On se bat contre la mondialisation de la “malbouffe”, et pour le vin c’est encore plus fonda­mental et plus réel. Un vin français ou étranger qui n’est fait qu’à l’aide de vinification ultra-sophistiquée n’a aucun intérêt. Quel sens cela a-t-il de ne mettre en avant que le côté technique ? Ce n’est pas un gage de qualité, et encore moins celui de laisser s’exprimer la Nature que d’utiliser à tort et à travers des techniques à manier avec beaucoup de précaution. Certes, les vins ont changé (pas tant que cela, en fait), se sont assouplis, se sont dépoussiérés de leurs mauvais goûts et sont beaucoup plus garants d’une véritable régularité qualitative. Pourtant, celle-ci ne doit pas être, comme se plaisent à le faire certains, l’occa­sion de dépersonnaliser les crus, de “lisser” les terroirs, sous prétexte de glaner des bonnes notes auprès de tel ou tel “critique” du moment. Un vin digne de ce nom, c’est simplement un vin qui procure du plaisir, un moment où l’esprit et le corps sont en osmose, la même que peut inciter un regard devant toute autre forme de beauté et de création, artistique, philo­sophique, humaine ou sportive.

     

    Le respect des autres en rejetant l’indécence
    En parallèle, on est loin du temps de l’arrogance (voir aussi Introduction Bordeaux). Il faut avouer qu’il devient risible (une sorte de fin de régime) de constater que quelques-uns, qui proposent un vin trop cher, en perte de marché, sont encore dans une démarche où l’on se moque des consommateurs. On voit que certains grands chefs en reviennent (c’est tout à leur honneur) comprenant que l’on ne peut plus, aujourd’hui, continuer de vendre des plats à des prix indécents. Il en va de même dans le vin, à l’exception de quelques très rares bouteilles (une dizaine ?) qui nagent dans un monde de luxe et non plus dans celui de la bouche, là où le prix n’est plus le simple révélateur de qualité. L’époque n’est plus à la frime, et ceux-là doivent accepter de faire comme les autres, c’est-à-dire de “mouiller la chemise” pour vendre leurs produits. Terminés les acquits. Quand on voit le dynamisme et le savoir-faire commercial (c’est-à-dire proposer un vin à un prix cohérent, du plus modeste au plus grand) de nombreuses appellations françaises moins connues et d’un bon nombre de pays étrangers, on comprend que quelques grands crus dont la notoriété est aujourd’hui dépassée puissent se faire des soucis.


    Je connais plus de 3 000 vignerons, dont un bon nombre que je respecte, même s’ils sont absents du Guide. Les producteurs de vin qui ne pensent qu’à augmenter leur prix, à récolter une bonne note en maquillant leur vin, à adapter un vin selon la mode, n’ont aucun intérêt. À quoi bon faire un vin sans plaisir ? Ne vaut-il pas mieux encenser l’effort et le talent que la “gonflette” et la triche ? Quel est le champion le plus estimable : celui qui se “dope” ou celui qui gagne parce qu’il est le meilleur ? Élever un vin, c’est faire preuve d’humilité. L’humilité, c’est une nature, pas un objectif de marketing. Il y a des producteurs de vins très chers qui méritent le respect. D’autres se croient supérieurs aux autres, et le montrent.

     

    Défendre la typicité en rejetant le dopage
    Les vins “putassiers” existent toujours car il y a des acheteurs qui se font “bluffer”, mais il y a un revers à la médaille. Le phénomène “vin de garage” se tasse, car l’on se rend compte que ces vins ne tiennent pas la distance. La déception est grande, mais beaucoup plus infime en comparaison de celle d’un consommateur qui a payé une bouteille aujourd’hui sans intérêt à plus de 200 ou 300 e. Si l’on veut être respecté, il faut respecter les autres, en l’occurrence les consommateurs. On fabrique donc (quel autre mot pourrait-on employer ?) ici ou là des vins maquillés, produits comme un drink ou un cocktail. Certains choisissent de faire un vin qui plaît à tout le monde, qui a un goût uniforme, où on se contente de mettre parti­culièrement le cépage en avant, et c’est bien la preuve que l’on veut escamoter le terroir, ou tout simplement que l’on n’en a pas ! À ce jeu, on ne peut d’ailleurs pas lutter contre les multinationales du vin. Raison de plus pour ne pas le faire.


    À quoi bon surconcentrer les vins, ajouter des levures aromatiques à outrance, un élevage 100 % (voire 200 %) en barriques neuves quand l’élevage ne doit être qu’un apport, ajouter des copeaux de bois, pratiquer démesurément l’osmose inverse, le micro-bullage ou la micro-oxygénisation, filtrer de plus en plus… Tout cela dépersonnalise les vins et les « aseptise », ces vins encensés par certains, vendus à des prix inadmissibles grâce à cela, ne valent plus tripette au bout de 3 ans quand on les sert dans un verre. Il y a donc de quoi sourire sur ce phénomène de « vins de mode ». Comme les OGM, il y a donc ces « VVM » (Vins Vinifiquement Modifiés). À prendre avec humour, bien que ce ne soit pas bien drôle.

    On a donc fait des vins de dopage, un point c’est tout. Cela veut tout simplement dire qu’il faut vivre avec la nature, accepter ses aléas, profiter justement des nouvelles techniques pour mieux les combattre, mais toujours différencier chaque ­millésime, lui rendre son style, et les techniques ostentatoires ne servent pas à grand-chose si l’on n’a pas un terroir. La priorité, c’est laisser s’exprimer son terroir, en respectant la vigne, en limitant les rendements, en pratiquant la lutte raisonnée, en laissant faite la nature, qui n’a besoin de personne… Un bon vigneron, qui fait un bon vin, n’a pas besoin de se justifier ou de se déjuger. Quand on a chance de pouvoir sortir de son terroir un Sancerre « minéral », un Châteauneuf-du-Pape épicé, un Pomerol qui sent la truffe, un Sauternes issu du Botrytis… on n’a pas besoin de tricher. On a besoin ensuite de le faire savoir, de communiquer, d’expliquer pourquoi tel terroir donne à son raisin, puis au vin, ce goût de poivre ou de cannelle, tel autre celui du chèvrefeuille ou du cassis. L’usage de la barrique peut être incontestablement un plus, encore faut-il savoir le maîtriser...

     

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  • Vinovox, le meilleur du vin

    Le Château de La Rivière


    Château de la RIVIÈRE(FRONSAC)
    James Grégoire
    Château de la Rivière
    33126 La Rivière
    Téléphone :05 57 55 56 56
    Télécopie : 05 57 24 94 39
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    Téléphone :05 57 64 43 74
    Télécopie : 05 57 64 43 74
    Email : sarl-bourcier@wanadoo.fr
    Site : www.chateau-haut-bourcier.com

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    Un vignoble familial depuis 4 générations de 20 ha (la marque existe depuis 1974). On y élève ce beau Champagne cuvée Prestige ...


    De vrais Muscadets



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    Robert Chéreau représente la 3e génération de celles qui se sont succédées sur la propriété depuis le siècle dernier. Il a œuvré à la ...


    Coup de cœur pour le Château Grand Corbin-Despagne



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    François Despagne

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    Téléphone :05 57 51 08 38
    Télécopie : 05 57 51 29 18
    Email : f-despagne@grand-corbin-despagne.com
    Site : www.grand-corbin-despagne.com

    Le nom Despagne est attaché à la terre saint-émilionnaise depuis plus d’un demi-millénaire (1665), la ...


    Saint-Émilion Château Gros Caillou



    Château GROS CAILLOU (SAINT-ÉMILION)
    Scea Vignobles Dupuy

    33330 Saint-Sulpice-de-Faleyrens
    Téléphone :05 57 24 74 91 et 06 20 54 51 88
    Télécopie : 05 57 74 40 98
    Email : eric.dupuy@cario.fr
    Site : www.chateaugroscaillou.com

    Domaine de 13 ha. C’est la 4e génération sur la propriété. Excellent Saint-Émilion GC 2006, de teinte ...


    Haut-Médoc Château Reynats



    Château REYNATS (HAUT-MÉDOC)
    Hélène Gallier-Morgan et Jean-Claude Gallier
    2, chemin des Noyers
    33250 Cissac-Médoc
    Téléphone :05 56 59 58 30
    Télécopie : 05 56 59 58 30
    Email : jc.gallier@wanadoo.fr
    Site : www.chateaureynats.com

    Domaine de 5 ha plantés sur sol argilo-calcaire et graveleux, vignes de 25 ans en moyenne (45% ...


    Coup de cœur pour le Champagne Prin



    Champagne PRIN Père et Fils
    Daniel Prin
    28, rue Ernest-Vallé
    51190 Avize
    Téléphone :03 26 53 54 55
    Télécopie : 03 26 53 54 56
    Email : champagneprin@orange.fr
    Site : www.champagneprin.fr

    À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Remarquable Champagne brut Prestige, le fleuron de la gamme (50% Chardonnay et 50% Pinot ...


    Champagne Morize Père et Fils



    MORIZE Père et Fils
    Guy Morize
    122, rue du Général-de-Gaulle BP 8
    10340 Les Riceys
    Téléphone :03 25 29 30 02 et 03 25 29 36 89
    Télécopie : 03 25 38 20 22
    Email : champagnemorize@wanadoo.fr
    Site : champagne-vin-viticulteur-producteur-les-riceys-aube.champagnemorize.fr

    Une exploitation familiale installée depuis 1830. ...


    Un Pouilly-Fumé comme on les aime



    CAVES de POUILLY-SUR-LOIRE (POUILLY-FUMÉ)
    Directeur : Christophe Denoël
    Les Moulins-à-Vent, BP 9
    58150 Pouilly-sur-Loire
    Téléphone :03 86 39 10 99
    Télécopie : 03 86 39 02 28
    Email : caves.pouilly.loire@wanadoo.fr
    Ou : www.cavespouillysurloire.com

    Une cave de premier ordre qui vinifie environ 15% de la production. Très ...


    Saint-Émilion Grand Cru Château Piganeau



    Château PIGANEAU (SAINT-ÉMILION)
    Jean-Baptiste et Vincent Brunot
    1, Jean-Melin
    33330 Saint-Émilion
    Téléphone :05 57 55 09 99
    Télécopie : 05 57 55 09 95
    Email : vignobles.brunot@wanadoo.fr
    Ou : www.vignobles-brunot.fr

    À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés, ce qui vient récompenser une régularité qualitative ...


    Fleurie Cédric Chignard



    Cédric CHIGNARD (FLEURIE)

    Le Point du Jour
    69820 Fleurie
    Téléphone :04 74 04 11 87
    Télécopie : 04 74 69 81 97
    Email : domaine.chignard@wanadoo.fr
    Site : www.vinsdusiecle.com/domainechignard

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Une belle exploitation familiale qui s’étend sur 8 ha, traditionnelle (vendanges à la ...


    Cahors Domaine de Lavaur



    Domaine de LAVAUR (CAHORS)
    Claude et Yves Delpech

    46700 Soturac
    Téléphone :05 65 36 56 30
    Télécopie : 05 65 36 57 67
    Email : domaine-de-lavaur@orange.fr

    Un vignoble de 15 ha de vignes. Terroir argilo-calcaire en 2e et 3e terrasse, sol plus léger de graves en 1ère terrasse. L’encépagement est constitué de 90% de Malbec et 10% de Merlot. ...


    Champagne Clerambault



    CLÉRAMBAULT
    Stéphane Jacquet et Evelyne Carbonell
    122, Grande Rue
    10250 Neuville-sur-Seine
    Téléphone :03 25 38 38 60
    Télécopie : 03 25 38 39 20
    Email : champagne-clerambault@fr.oleane.com
    Ou : www.champagne-clerambault.com

    Excellent Champagne cuvée Carte Noire brut, issu de 33,50% de Chardonnay, 33,30% Pinot meunier et de ...


  • Le Club des vrais vins typés est dans Vinovox

    Armagnac Dartigalongue



    H.DARTIGALONGUE et Fils
    Françoise Dartigalongue

    32110 Nogaro
    Téléphone :05 62 09 03 01
    Télécopie : 05 62 09 01 78
    Email : contact@dartigalongue.com
    Site : www.vinsdusiecle.m/dartigalongue
    Site : www.dartigalongue.com

    Cette propriétaire sympathique peut être fière de ce très beau Bas-Armagnac de 25 ans, assemblage de plusieurs ...


    Bordeaux Supérieur Château Lestrille Capmartin



    Château LESTRILLE-CAPMARTIN (BORDEAUX SUPÉRIEUR)
    Jean-Louis Roumage
    15, route de Créon
    33750 Saint-Germain-du-Puch
    Téléphone :05 57 24 51 02
    Télécopie : 05 57 24 04 58
    Email : jlroumage@lestrille.com
    Site : www.lestrille.com

    Vignoble de 40 ha. Le Bordeaux Supérieur cuvée Prestige 2006 (60% Merlot et 40% ...


    Mareuil Château Marie du Fou


    Château MARIE DU FOU (MAREUIL)
    Jean et Jérémie Mourat

    85230 Mareuil-sur-Lay
    Téléphone :02 51 97 20 10
    Télécopie : 02 51 97 21 58
    Email : chateau.marie.du.fou@wanadoo.fr
    Site : www.mourat.com

    Au sommet. La famille Mourat est devenue une référence dans la région, avec des vins qui associent personnalité et un rapport qualité-prix-plaisir ...


    La Cuvée Perlée de Guy Larmandier



    Guy LARMANDIER
    Mme Guy Larmandier
    30, rue du Général-Koenig
    51130 Vertus
    Téléphone :03 26 52 12 41
    Télécopie : 03 26 52 19 38
    Email : guy.larmandier@wanadoo.fr

    Une place toujours très enviable dans le Classement 2009 pour cette exploitation familiale de 9 ha. On le comprend en débouchant le Cramant Prestige Grand Cru Blanc de ...

     

     

    Bordeaux Supérieur Château de Crain



    Château de CRAIN (BORDEAUX SUPÉRIEUR)
    Famille Fougère

    33750 Baron
    Téléphone :05 57 24 50 66
    Télécopie : 05 57 24 14 07
    Email : fougere@chateau-de-crain.com
    Site : www.chateau-de-crain.com

    Le Château de Crain a été bâti au XIIIe siècle par le roi Edouard IV d’Angleterre; c’est l’un des plus vieux châteaux féodaux ...


    Saint-Émilion Grand Cru Château Lavallade



    Château LAVALLADE
    Florian Gaury
    Saint-Christophe des Bardes
    33330 Saint-Émilion
    Téléphone :05 57 24 77 49 et 06 08 22 98 60
    Télécopie : 05 57 54 64 83
    Email : chateau.lavallade@orange.fr

    Ce propriétaire sympathique peut être satisfait de son Saint-Émilion GC 2006 (Merlot majoritaire, 20% Cabernet franc et 5% ...


    Vins de Pays Domaine de Lansac



    Domaine de LANSAC (VINS DE PAYS)
    Éléonore de Sabran-Pontèves
    Lansac
    13150 Tarascon
    Téléphone :04 90 91 38 38
    Télécopie : 04 90 91 38 38
    Email : contact@domaine-lansac.com

    Exploitation familiale de 60 ha dont 42,5 ha de vignes, située au pied des Alpilles. Dans la recherche de la qualité, le travail s’effectue selon la charte ...


    Château Castegens, la valeur sûre en Castillon



    Château CASTEGENS (CÔTES DE CASTILLON)
    Marie-France et Jean-Louis de Fontenay

    33350 Belvès-de-Castillon
    Téléphone :05 57 47 96 07
    Télécopie : 05 57 47 91 61
    Email : jldefontenay@wanadoo.fr
    Site : www.castegens.com

    Le tout donne ce beau Côtes-de-Castillon 2006 (65% de Merlot, 30% de Cabernet franc et 5% de Cabernet-Sauvignon), de robe ...


    Château Fonroque



    Château FONROQUE (SAINT-ÉMILION)
    Direction : Alain Moueix

    33330 Saint-Émilion
    Téléphone :05 57 24 60 02
    Télécopie : 05 57 24 74 59
    Email : info@chateaufonroque.com
    Site : www.chateaufonroque.com

    Une réussite avec ce Saint-Émilion GCC 2006, (88% Merlot et 12% Cabernet franc, vin issu de raisins en conversion vers l’agriculture ...


    Coup de cœur pour le Château Génisson



    Château GÉNISSON (PREMIÈRES CÔTES DE BORDEAUX)
    Antoine Arrivet

    33490 Saint-Germain-de-Grave
    Téléphone :05 56 76 41 01
    Télécopie : 05 56 76 45 39
    Email : jf.arrivet@voila.fr
    Site : www.chateau-genisson.com

    Valeur sûre avec ce Premières-Côtes-de-Bordeaux cuvée Claire Boutet 2006, corsé et généreux, aux nuances de fruits rouges ...


    Champagne Château de Boursault, une valeur sûre



    Château de BOURSAULT
    Harald Fringhian

    51480 Boursault
    Téléphone :03 26 58 42 21
    Télécopie : 03 26 58 66 12
    Email : info@champagnechateau.com
    Site : www.champagnechateau.com

    Très bien classé. Une exploitation familiale sur 6 ha de vignes et des viticulteurs de père en fils depuis 1870. Remarquable Champagne Millésimé Grand Éloge, ...


    Champagne Pierre Gimonnet & Fils



    Pierre GIMONNET & Fils
    Michel, Olivier et Didier Gimonnet
    1, rue de la République
    51530 Cuis
    Téléphone :03 26 59 78 70
    Télécopie : 03 26 59 79 84
    Email : info@champagne-gimonnet.com

    Une maison familiale (depuis 1750) et un beau vignoble de 25 ha classé en Grands Crus et Premiers Crus, 100% Chardonnay. Leur Champagne Fleuron ...


    Le Gaillac de Pialentou



    Domaine du PIALENTOU (GAILLAC)
    Jean et Kai Gervais

    81600 Brens
    Téléphone :05 63 57 17 99
    Télécopie : 05 63 57 20 51
    Email : domainepialentou@vinsdusiecle.com
    Site : www.vinsdusiecle.com/domainepialentou
    Ou : www.domainedepialentou.com

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Le domaine est situé sur les terrasses de la rive gauche ...


    Valeur (très) sûre, le Morgon des Donzel



    Bernard et Vincent DONZEL (MORGON)

    Fondlong
    69910 Villié-Morgon
    Téléphone :04 74 04 20 56
    Télécopie : 04 74 69 14 52
    Email : vincent.donzel@orange.fr

    Coup de cœur pour ce Morgon cuvée Prestige 2007, très bien élevé en fûts durant 8 mois, savoureux et finement bouqueté, à la robe rubis intense, au nez de fruits rouges mûrs ...


    Le Classement 2009 des meilleurs producteurs de Champagne


    On sait que le Champagne a franchi les simples barrières du luxe et de la fête pour devenir un vin à part entière. Car, contrairement à ce que certains détracteurs peuvent déclarer, la force du terroir est bien réelle ici et vient s’allier à cet art exceptionnel de l’assemblage que chaque vigneron ou maître de chai va marquer de sa “patte”, créant une bouteille unique, que personne n’a réussi à égaler, partout dans le ...

    Château Prieuré-Marquet



    Château PRIEURÉ MARQUET (BORDEAUX SUPÉRIEUR)
    Famille Despujol

    33910 Saint-Martin-du-Bois
    Téléphone :06 17 19 41 45
    Télécopie : 05 57 49 41 70
    Email : fred.despujol@voila.fr
    Ou : www.prieure-marquet.com

    Associé à Alexandre de Malet-Roquefort, le sympathique Frédéric Despujol se passionne pour cette belle propriété familiale, ...


    Château Haut Troquart la Grâce Dieu



    Château HAUT TROQUART LA GRACE DIEU (SAINT-ÉMILION)
    Vignobles Pilotte-Audier earl

    33330 Saint-Émilion
    Téléphone :05 57 24 73 10
    Télécopie : 05 57 74 40 44
    Email : chateau@lagracedieulesmenuts.com
    Ou : www.lagracedieulesmenuts.com

    Un petit vignoble de 2 ha (80% Merlot, 15% Cabernet franc, 5% Cabernet-Sauvignon), situé sur des sols ...


    Champagne Vincent d'Astrée



    VINCENT D'ASTRÉE
    Direction : Patrick Boivin
    Rue Léon-Bourgeois
    51530 Pierry
    Téléphone :03 26 54 03 23
    Télécopie : 03 26 54 66 33
    Email : celliers@vincentdastree.com
    Ou : www.vincentdastree.com

    À la tête des Deuxièmes Grands Vins Classés. Remarquable Champagne Empreinte du Temps 2000, issu du Chardonnay des Côtes ...

     

     

    Vouvray Clos de l'Épinay


    Belle propriété du XVIIIème siècle pour la partie la plus ancienne. Le domaine est un clos avec des vignes, un verger, un jardin et des arbres centenaires, situé au dessus du village de Vouvray sur le plateau au milieu des vignes. La propriété se situe au milieu des vignes, ce qui est également une rareté sur l’appellation, puisque la plupart des autres viticulteurs sont installés près de leurs caves situées dans les vallées ...

    Château Fabas



    (MINERVOIS)
    Roland, Yann et Loïc Augustin

    11800 Laure-Minervois
    Téléphone :04 68 78 17 82
    Télécopie : 04 68 78 22 61
    Email : chateaufabas@wanadoo.fr

    À la tête des Premiers Grands Vins Classés. Fabas – ferme fortifiée moyenâgeuse – est un domaine d’un seul tenant de 158 ha. Le climat méditerranéen est semi-aride, à printemps ...

     

     

    Château Mazeris-Bellevue


    Château MAZERIS-BELLEVUE (CANON-FRONSAC)
    Jacques et Diane Bussier

    33126 Saint-Michel-de-Fronsac
    Téléphone :05 57 24 98 19
    Télécopie : 05 57 24 90 32
    Email : chateaumazerisbellevue@vinsdusiecle.com
    Ou : www.vinsdusiecle.com/chateaumazerisbellevue

    Jacques Bussier (4e génération et qui porte le même prénom), conduit avec passion les 11 ha de ...


    Margaux Château La Galiane



    Le Château La Galiane doit son nom au GénéralAnglais "Galian" qui depuis ce lieu commandait les troupes anglaises pendantl'occupation de l'Aquitaine au XVe siècle. Exploitation familiale depuisplusieurs générations, sa superficie de 5 hectares plantée de 45 % de Merlots,50 % de Cabernets Sauvignons et 5 % de Petits Verdots présente un parfaitéquilibre, très classique et traditionnelle de l'appellation Margaux. ...


    Mâcon Château de la Bruyère



    LeChâteau s'élève sur une légère éminence placée entre 2 montagnes avec échappéede vue au midi. Il se compose de 2 corps de logis adossés l'un contre l'autre.C'est un petit fief situé sur la commune d'Igé, dans l'ancienne paroisse deDommange. Depuis ma reprise en 1995, de nombreux investissements ont étéeffectués, tant au niveau des caves que de la vigne, du matériel et desbâtiments, pour que cette propriété retrouve ...

     

     

    Brouilly Domaine Crêt des Garanches


    Exploitation familiale de 9,60 ha, située au cœur du cru Brouilly। Un terroir à dominante granitique, allié au cépage Gamay noir à jus blanc confèrent à ce vin sa finesse. Le Côte-de-Brouilly 2005 élevé plusieurs mois en fûts de chêne (vendange manuelle), de robe pourpre, est souple et corsé à la fois, au nez complexe (cassis mûr, fraise des bois, violette), légèrement épicé. Le Brouilly 2007, aux notes de violette, de ...





  • Aujourd'hui, nos vignerons ont encore plus de talent qu'il y a 30 ans !

    Brigitte Dussert  : Région par région, que s’est-il passé en trente ans ? Prenons l’Alsace.

    Patrick Dussert-Gerber :   : Ce qui a changé globalement dans cette belle région, c’est que l’on goûte pas mal de vins à la sucrosité trop importante au détriment de la minéralité et de la fraîcheur. Je regrette un Riesling vif, franc, à déguster sur des huîtres, j’aime moins quand il est plus gras, par exemple en 2004 et 2002, qui sont, pourtant des millésimes classiques, cela n’est pas normal. Heureusement, il y a des propriétaires qui s’appliquent à faire ressortir la typicité de leur terroir. Il ne faudrait pas qu’on assiste à un “lissage” de ces grandes appellations ou accentuer la mode des vins trop mûrs qui dépersonnaliseraient la spécificité des cépages et des sols. D’autant que la multiplication des noms de crus, clos, lieux-dits... ne simplifient pas la lecture de l’étiquette.

    B. D. : En Beaujolais ?

    P. D.-G. :  C’est un vignoble où il n’y a pas eu de bouleversement flagrant, même si les vignerons connaissent une crise tenace avec des vins qui ne sont pas assez rémunérateurs. Seuls les Crus résistent bien. Le Beaujolais Nouveau est une belle réussite mais on observe une certaine lassitude, il faudrait relancer la communication. C’était une idée géniale, dont j’ai suivi l’évolution année après année. Au début, tout le monde se moquait d’eux, mais le négoce a su lancer la mode d’un vin qui se vendait en 24 heures donc très intéressant financièrement, doté d’une forte image de marque de vin très chaleureux, très convivial, attendu à date fixe, c’est formidable !  Chaque année, c’est la fête du Beaujolais Primeur et les fidèles de l’évènement vont s’encanailler dans les bistrots à vin du monde entier, c’est très sympa, je suis le premier à y aller ! Un Beaujolais Primeur, c’est un vin qui ne se prend pas au sérieux, friand, franc, gai, simple, qui a toujours un bel avenir devant lui car on aime déboucher de temps en temps un vin léger.

    Bien sûr, je ne vous cache pas que je préfère me faire plaisir avec un Morgon ou un Saint-Amour, tant ces crus du Beaujolais méritent d’être appréciés comme il le faut. J’ai toujours soutenu les vignerons de la région, au moment où ils subissaient quelques scandales ou la jalousie des autres vignobles, qui n’ont, il faut bien le reconnaître, pourtant jamais réussi à faire de leurs vins primeurs des concurrents sérieux (Touraine, Gaillac...).

    La fidélité, c’est important. Il faut du temps pour juger un vin, comprendre le vigneron, l’influence des micro-climats, les us et coutumes de chaque région.

    B. D. : En Vallée du Rhône ?

    P. D.-G. : Le vignoble est très étendu, il faut  donc être précis. Les Côtes-du-Rhône, par exemple, ont fait de gros efforts, on ne trouve plus de mauvais vin (tout comme pour le Bordeaux de base d’ailleurs). Pour l’image de marque,  c’est plus délicat,  ils ont du mal à s’imposer, ils font de telles quantités... L’appellation-phare, Châteauneuf-du-Pape, a su raison garder, en conservant l’un des plus beaux rapports qualité-prix-typicité de France. Ce qui a surtout changé en Vallée du Rhône, ce sont les “petites” appellations qui font maintenant des vins exceptionnels entre 7 et 15 €, à Rasteau, à Visan ou à Gigondas où l’on goûte des vins beaucoup plus intéressants qu’à mes débuts. Avant, tout passait en vrac et ce n’était pas la même mentalité.
    Maintenant, les caves coopératives (pas toutes) sont très motivées par la qualité et, souvent même, donnent l’exemple ! Ces caves sont très bien équipées, capables de jouer dans la cour des grands. Elles ont eu un vrai défi à relever, et elles l’ont relevé, sans pour autant dépersonnaliser leurs vins, sous prétexte d’un marché mondial, bien au contraire.

    Je pense aussi, que le développement de cette région, en grands vins comme en plus modestes, s’est renforcé du fait que Bordeaux a délaissé un peu le marché français, avec ses vins de marques. Pas certain que le choix ait été si judicieux.

    Je voudrais attirer l’attention sur des abus de prix : je pense à certains petits vignobles, par exemple Hermitage ou Condrieu, qui se vendent à l’étranger et délaissent le marché français, aucun restaurateur lambda ne pouvant  les acheter à un prix cohérent, c’est regrettable. Quant à la justification du prix de ces appellations, je suis très dubitatif...

    B.  D. : Cela a été le cas en Bourgogne, quand les bourguignons, il y a une vingtaine d’années s’étaient tournés exclusivement à l’export...

    P. D.-G. : C’est vrai. On ne trouvait plus un bon Puligny-Montrachet ou un Meursault en France, il n’y en avait que pour les américains. Le  bon sens “paysan” a repris le dessus et a permis de faire comprendre aux vignerons qu’il fallait faire très attention, et revenir en France, en Angleterre, en Allemagne, en Belgique, en Suisse...

    À ma connaissance, c’est le seul vignoble qui a réussi ce tour de force !  Ils vendaient parfois jusqu’à 95% à l’export et sont revenus sur le marché français en rééquilibrant la distribution. À Chablis, c’était le même cas de figure, mais ils ont aussi compris que, si le japonais d’Osaka en visite à Paris ne trouvait pas la bouteille sur la table du restaurant, il se poserait  peut-être des questions...

    J’ai un faible pour les Bourguignons. J’aime leur mentalité. Les vignes bourguignonnes sont les plus chères du monde mais les viticulteurs conservent la volonté de transmission à leurs enfants. Ce n’est pas si courant.

    Pour les vins, ce qui me plaît en Côte de Nuits ou en Côte de Beaune, c’est justement l’élégance, la finesse. Pour le vin rouge notamment, il ne faut pas confondre couleur et concentration. Ce n’est pas parce qu’un vin est “noir” ou ultra concentré qu’il va être meilleur ou mieux vieillir. Il faut “tordre le cou” à cette idée reçue qui a d’ailleurs été le grand défaut de ces 20 dernières années. On a voulu faire des vins qui n’existaient pas avant prétextant qu’on allait faire mieux !!! Je goûte depuis toujours des vins de Corton, Pommard, Vosne-Romanée ou Gevrey qui n’ont pas une couleur très sombre et qui ont un potentiel de vieillissement de 20 à 30 ans, avec des arômes extraordinaires. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le millésime 2005 en Bourgogne n’est pas un millésime qui me passionne beaucoup, je le trouve trop fort, concentré, trop “chaud”.

    Globalement, toute la qualité de la production en Bourgogne a beaucoup augmenté. Dans mes premiers guides, il ne devait y avoir qu’une cinquantaine de vignerons. En quelques années, de toutes petites structures familiales se sont mises à “faire de la bouteille”, avant, tout passait par le négoce comme c’était le cas aussi en Champagne. Le fait que chacun embouteille sa production a précipité le déclin du négoce, il existe aujourd’hui très peu de maisons familiales. Autrefois si bien établi, le négoce a souffert, d’une part, parce qu’il ne possédait pas de vignes propres, et qu’étant tributaire des approvisionnements, on ne lui donnait pas toujours les meilleures cuves... D’autre part, certains négociants -ce n’est pas spécifique à la Bourgogne- avaient une fâcheuse tendance à adopter une suffisance qui n’était pas de mise.

    J’ai toujours soutenu les vignerons qui vendaient leur vin en bouteilles, les encourageant à s’acheter petit à petit une cuve, des barriques, à s’appliquer à produire un vrai vin typé, et à faire des salons pour le vendre.



    La Cantinière


    B. D. : Vous aimez aussi beaucoup le Champagne et la Champagne...

    P. D.-G. : La Champagne est le vignoble qui a le plus “explosé” avec la prolifération de propriétaires qui se sont décidés à mettre en bouteilles leur propre production, et je leur donne bien raison.

    Auparavant, ils vendaient aux négociants et il n’y avait que 20 à 30 grandes marques de Champagne. C’est plus rémunérateur pour eux et plus valorisant de mettre leur nom sur l’étiquette, plus motivant pour leurs enfants de se battre pour défendre et promouvoir leur entreprise. C’est à mon avis ce qui a sauvé la Champagne et la Bourgogne, cette jeunesse motivée, dynamique, entreprenante, diplômée, qui s’est investie dans le vignoble familial.

    Tout comme les Alsaciens et les Bourguignons, les Champenois sont des commerçants avertis, ils vont chercher le consommateur, l’importateur, ne se contentant pas de donner leur production à un négociant et de partir en week-end !

    C’est la clé de leur époustouflante réussite.On boit plus de Champagne parce que la qualité est devenue remarquable et abordable, voilà tout !

    Beaucoup d’efforts ont été réalisés, les prix sont restés très sages et le consommateur, tout naturellement, a suivi. On trouve d’excellentes bouteilles entre 12 et 15 €. Il ne faut pas les  comparer bien sûrs aux très grandes Cuvées faites avec des vins de réserve exceptionnels et qui valent de fait leur prix (50 € et plus), comparons ce qui est comparable.

    En tout cas, c’est ce qui a décidé les consommateurs à en acheter plus, et plus souvent. Ce n’est pas uniquement le mode de consommation qui a évolué, les consommateurs ont réalisé qu’ils se font plus plaisir avec un bon Champagne qu’avec un mauvais Porto ou un Whisky fait on ne sait où ?

    Mais, si la force des champenois est d’avoir ainsi maîtrisé leurs prix, c’est sans doute la région au monde où cet effort est le plus visible. Et puis, les Champenois sont remarquablement organisés, solidaires.

    B.  D. : C’est pourtant un vignoble qui est en train de s’étendre beaucoup : il va donc falloir scinder les différents types de cuvées que l’on va retrouver sur le marché prochainement.

    P. D.-G. : Il faudra différencier encore plus les terroirs, comme on le fait pour les vins.

    L’extension quantitative du vignoble peut, paradoxalement, permettre une véritable nouvelle perception du Champagne, qui devient un vin de terroir, et non plus uniquement d’assemblage. Il va falloir considérer le Champagne comme un vin à part entière, c’est ce que je fais depuis toujours, mais ce discours n’est pas toujours bien compris de tous.

    Il faudra observer le nom du village, parcelle par parcelle, la volonté du vigneron de rechercher l’expression de la minéralité de son sol. Les terroirs exceptionnels (Grand Cru et Premier Cru) vont prouver que le Champagne est un grand vin. Je me bats depuis longtemps pour le faire accepter.



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    B. D. : Quelle est votre relation avec le vignoble bordelais ?

    P. D.-G. : Je vis à Bordeaux. N’étant pas masochiste, il faut donc que j’aime la région, et ses vins. C’est la région viticole où il y a eu le plus de changements en 30 ans. Cela a commencé avec la visite des chais en marbre dans le Médoc puis, la mode des barriques, des œnologues, des vins “lissés”... Il y a 20 ans, on ne nous parlait jamais des vignes, uniquement des vinifications ! Ce phénomène s’est déplacé depuis une petite dizaine d’années à Saint-Émilion, où l’on s’est mis à concentrer à outrance, en devenant champion de toutes les manipulations techniques possibles. Je n’arrive pas à comprendre cela.


    B. D. : Ne pensez-vous pas que le but était aussi de plaire au goût des consommateurs étrangers ?

    P. D.-G. : Si c’est le cas, quelle bêtise ! On ne doit pas dénaturer son vin pour séduire un éventuel consommateur chinois... Cette médiatisation exagérée des vins noirs et très concentrés du Libournais, ce n’est pas la vraie typicité des vins bordelais qui sont pour les rouges, soyons clair, toujours les plus grands vins du monde. C’est l’élégance qui fait rêver, ce ne sont pas les tanins du bois accrochés à la langue !!!

    Dans le Médoc, certains ont fait l’erreur, il y a une vingtaine d’années, de vouloir se conformer à la mode, résultat : on ne parle plus vraiment des vins du Médoc, à part quelques grandes figures incontournables. J’étais très content d’aller déguster dans les châteaux il y a 25 ans, c’est beaucoup moins le cas aujourd’hui. D’ailleurs, on ne boit plus ces vins en France, à cause des prix exagérés certes mais aussi parce que l’on s’est lassé de ces crus, tout bonnement. Est-ce vraiment une réussite d’avoir disparu de son pays, de ne plus faire référence dans les grandes dégustations d’amateurs ?

    Qui est capable aujourd’hui de me citer le nom de 20 châteaux classés en 1855 (bravo pour l’actualité) en 3e ou 4e crus ? Où sont-ils ces vins ?

    B. D. : Les Graves de Pessac-Léognan ont-ils beaucoup évolué ?

    P. D.-G. : C’est certain, c’est le vignoble qui a le plus progressé, par étapes. Auparavant, il n’y avait, en effet, que quelques crus dont on parlait : Chevalier, la Mission... Beaucoup de propriétaires-investisseurs à Pessac-Léognan ont eu l’intelligence d’associer la modernité (des vins plus ronds, etc) à la tradition, en laissant toute la spécificité de leurs terroirs s’exprimer. Ils ont aussi une gamme de prix cohérente qui correspond au marché, par rapport aux autres vins de France, et aux vins étrangers.

    Et puis, ce n’est pas si facile de réussir à la fois du blanc et du rouge, et les propriétaires que nous soutenons ont aussi le mérite de réussir cela. Les vins blancs de Pessac sont tout à fait remarquables et rentrent dans la “cour” des grands vins blancs du monde et les rouges sont parvenus à un haut niveau qualitatif et cela dans toute la gamme. Évidemment, d’autres ont exagéré, accumulant les “prouesses” œnologiques, faisant des vins insipides, marqués par des senteurs tropicales (sic), et trop chers.

    B. D. : Est-ce que cette réussite a aidé les Graves du Sud ?

    P. D.-G. : Je me souviens des querelles d’hommes lors de cette séparation des Pessac-Léognan avec les Graves du sud. Pourtant, il fallait bien que les Graves de Pessac-Léognan se distinguent de ceux de Langon, les terroirs étant fort disparates. En parallèle, l’appellation de Graves a également explosé qualitativement, dans les blancs comme les rouges et cela dans une gamme de prix très large : c’est dans cette région qu’il y a eu le plus grand bouleversement qualitatif ces vingt dernières années. On fait des vins superbes à Landiras, à Podensac, à Portets ou à Beautiran, et je n’ai pas hésité longtemps à les faire accéder au sommet dans mon Classement, tant leur rapport qualité-prix-typicité est réussi. On reconnaît facilement “à l’aveugle” un vin de Graves, ce qui prouve bien qu’il y a une identité.

    B. D. : Les Bordeaux Supérieurs ont-ils vraiment fait des efforts, eux aussi ?

    P. D.-G. : J’ai écrit le Guide des Bordeaux Supérieur en 1990 : je connais donc l’appellation, j’ai beaucoup d’amis qui travaillent ici comme s’ils produisaient des crus classés ailleurs, déployant les mêmes efforts. Ils ont profité que le Médoc “de base” délaisse la typicité pour s’engouffrer dans de nouveaux marchés. D’un point de vue de marketing “pur”, Bordeaux Supérieur, ce n’est pas un nom génial, il faut l’avouer... La réussite est d’autant plus méritoire. Ici comme partout, les différences de style sont notables, le territoire étant tellement étendu, il faut faire des distinctions entre les vins produits à Pellegrue ou à Saint-André-de-Cubzac, ceux qui viennent de Génissac, de Saint-Martin-du-Puy, d’Arveyres ou de Tresses.

    B. D. : Du côté de Saint-Émilion, qu’avez-vous observé ?

    P. D.-G. : J’ai toujours eu une attirance pour les “satellites” de Saint-Émilion, des vins à des rapports qualité-prix sensationnels. Les propriétaires savent maîtriser leurs vignes, leurs prix, ont sorti des cuvées plus complexes. Montagne Saint-Émilion était une appellation où, déjà il y a 30 ans, je dégustais des vins bien meilleurs que certains Saint-Émilion. Quand on voit les vignes en coteaux de Montagne ou Saint-Georges, on comprend vite pourquoi.

    À Saint-Émilion, hélas, on assiste toujours à des querelles de clocher où l’on a l’impression que se règlent les comptes au travers des bons points reçus ça et là par les uns et les autres. Il y a une carte exceptionnelle, précise, détaillée, évidente, de Van Leuween, qui a fait l’inventaire des meilleurs terroirs, et le prouve...

    Là encore, la typicité a le dernier mot. Pas de grands vins sans terroir, pas de réel prestige si l’on mise sur l’arrogance.

    B. D. : Et les Côtes de Bordeaux ?

    P. D.-G. : L’actualité des Côtes de Bordeaux me laisse également assez perplexe : on assiste à un regroupement des Premières Côtes, de celles de Blaye et de Castillon (les Côtes de Bourg ayant refusé d’y appartenir). Quand on veut mettre son identité en avant, montrer son originalité, regrouper ces appellations sous un nom générique, prétextant que c’est plus simple à mémoriser, me paraît aberrant. Si les Côtes veulent un avenir, c’est  bien en défendant leur spécificité propre, non ? On est, pourtant, en train de faire la démarche inverse...

    B. D. : Les vins du Sauternais sont-ils les mêmes ?

    P. D.-G. : Oui, ils restent très difficiles à produire, ce sont des vins tout à fait exceptionnels, très  tributaires de la nature. Ce ne sont pas des vins que l’on peut “rattraper” dans le cuvier. À Sauternes comme pour les Quarts-de-Chaume, à Loupiac ou à Jurançon, la surmaturité naturelle des raisins est indispensable, je parle de celle apportée par le Botrytis Cinerea, et pas du passerillage.

    B. D. : Non loin, les vins du Sud-Ouest ?

    P. D.-G. : On peut rapprocher la démarche des vignerons du Sud-Ouest à celle des producteurs du Val de Loire. On produit un style de vin traditionnel sans effet de mode. Les vins sont plaisants, charpentés, charnus, ils ont une âme et c’est très bien ainsi.

    La région est bien évidemment étendue et regroupe de nombreuses appellations qui ne se ressemblent pas. Bergerac est tout bonnement un vignoble dont on n’entend pas parler, on a l’impression qu’il a disparu, à part quelques campagnes de pubs sur des abribus ou dans des foires aux vins. Gaillac est un vignoble intéressant, et il faut aborder ses vins comme des vins de plaisir, dans toutes les couleurs, quand, à Cahors, on apprécie plus des vins de “chair”, denses et parfumés, qui ont un réel potentiel de garde.

    Pourtant, ce que je constate, pour l’ensemble de ces vignobles, c’est un immobilisme aberrant des Syndicats : on a vraiment l’impression que rien ne se passe dans leur coin, qu’il manque la volonté de montrer sa fierté, son authenticité. Un jour, on bouge, on a des idées, le lendemain, on repart faire la sieste... C’est dommage.

    B. D. : Poursuivons notre route vers le Languedoc...

    P. D.-G. : C’est la région qui m’a fait le plus sourire, je me souviens que mes “confrères” titraient “l’Eldorado”, la “Californie de l’an 2000”.

    Le seul homme qui soit un vrai précurseur ici, c’est Aimé Guibert, à Daumas-Gassac qui a fait une vraie recherche de cépages adaptés à ses sols, c’est le seul capable de créer cela. Je l’ai connu en 1982, lorsqu’il a sorti son premier millésime, j’en parlais avec lui, avec Émile Peynaud, qui l’avait conseillé... Il a su produire un vin typé, racé, extraordinaire. Il a beaucoup été copié mais jamais égalé. J’ai vu toutes les fantaisies, des vinifications extrêmes pour compenser un terroir qui manquait ou des cépages plantés, inadaptés au sol.

    Pourtant, il y a des territoires remarquables en Languedoc, des vins que j’adore, des vins de Pays, des Corbières ou des Minervois. On leur demande d’être vendus à leur juste prix, ils ne rivaliseront jamais avec un Pomerol ou un Margaux. Et puis, qu’est-ce que cela peut bien faire ? Ce vent de folie se calme un peu aujourd’hui, car certains investisseurs ont du mal à rentabiliser et  abandonnent, alors que des critiques ou sommeliers un tantinet trop enthousiastes sur les vins “fabriqués” du coin commencent également à se calmer, faute de passer pour des idiots...

    La morale de tout cela, c’est qu’il faut que chacun reste à sa place, le terroir d’un Vosne Romanée est reconnu, hiérarchisé, incontestable, depuis des siècles, on ne peut pas imiter cela si facilement. Et c’est tant mieux.

    B. D. : Nous arrivons en Provence...

    P. D.-G. : La Provence a changé, car beaucoup d’investisseurs sont arrivés, attirés par les paysages et le climat. Je me souviens du temps où les vignerons ont réussi à prouver (et c’était difficile) que l’on ne produisait pas uniquement des rosés mais d’excellents rouges et blancs sur leurs terroirs. Maintenant, c’est un paradoxe, on est en train, à nouveau, de produire d’importantes quantités de rosé, pour répondre à une demande croissante, je trouve cela un peu décevant qu’ils délaissent leur potentiel, ainsi, tant on peut se faire plaisir, en Côtes de Provence et en Coteaux d’Aix, avec des vins rouges ou blancs superbes, issus d’un vrai terroir, et de cépages racés comme le Rolle, l’Ugni blanc, le Grenache ou la Syrah.

    Par contre, à Bandol, on continue, comme il y a 20 ans, d’élever de très grands vins, et dans les trois couleurs, ce qui mérite vraiment un coup de chapeau.

    B. D. : Et la Loire, ce vignoble où vous avez des attaches particulières ?

    P. D.-G. : J’ai débuté mon métier dans le Muscadet, il y a trente ans, je connais bien cette région, j’aime les vins que l’on y produit, de Nantes à Sancerre.

    Ces vignobles ont bien évolué en continuant à produire d’excellents vins sans trop modifier leur ligne de conduite. Cela prouve que l’on peut se développer sans se laisser influencer par des conseils extérieurs qui tendent à vouloir tout bouleverser.

    Je trouve qu’un Saumur-Champigny ou un Chinon a le même goût qu’avant, les vins sont mieux faits, c’est une évidence, mais, ce sont les mêmes vins que dans les années 1980. C’est d’abord le signe d’une fidélité des hommes à leur spécificité. Et puis, les propriétaires de la région sont en contacts fréquents et directs avec les consommateurs qui circulent sur leurs routes très touristiques, et l’on n’est pas loin non plus de la capitale.

    Il faut dire que l’on trouve des vins à un rapport qualité-prix formidable : un Saumur-Champigny à 10 € ou un Sancerre à 12 € avec des typicités exceptionnelles issus de terroirs uniques.

    Qui n’a pas goûté l’expression du Sauvignon à Sancerre ou à Pouilly ne connaît rien au potentiel réel de ce cépage, qui ferait pâlir d’envie un bon nombre de producteurs d’autres régions et pays, où manque ce que l’on trouve ici : la minéralité !

    En Anjou ou en Touraine, il en est de même pour le Cabernet franc ou le Chenin, des cépages magnifiques ici, qui s’expriment comme nulle part ailleurs, dans ces territoires de Parnay, du Puy-Notre-Dame, de Montlouis, de Ligré, de Saint-Nicolas-de-Bourgueil ou de Vouvray...




  • Le Classement des meilleurs vins du Sud-Ouest

    Jurançon Cru Lamouroux
    News du 04-05-2009

    Buzet, la valeur sûre
    Les VIGNERONS de BUZET (BUZET) M.Bellandi BP 17 47160 ...

    Paillas, un Cahors comme on les aime
    Monbazillac Château du Haut-Pezaud
    Côtes-de-Bergerac Château Ladesvignes

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